

Le Centre d'Instruction Naval (CIN) de Saint-Mandrier est le fruit du regroupement dans les années 1970 sur ce site magnifique, face à Toulon et résolument dirigé vers la mer, de nombreuses écoles naguère éparpillées sur le littoral varois.
Regroupé en 1993 avec le Groupe des Ecoles Energie de la Marine (GEEM), le CIN étire ses 110 hectares sur deux sites : l'un au nord, berceau de générations de mécaniciens depuis 1930, auxquels se sont ajoutés les électriciens en 1991 et les marins-pompiers en 2002 ; l’autre au sud qui forme les marins dans les spécialités des armes et des équipements de détection, de transmissions, d’informatique. Entre les deux, un tunnel constitue une sorte de pont principal entre la partie nord de l’école chargée des formations Navire et la partie sud chargée des formations Opérations et Systèmes de combat.
Le CIN en quelques chiffres :
- près de 1100 personnes (dont 150 civils) sont affectées pour permettre d’accomplir la mission de formation ;
- sur ces 1100 personnes, 650 sont liées à l’enseignement (dont 23 membres de l’Education Nationale) et 450 au soutien de l’école ;
- la parité est en bonne voie : le personnel militaire est féminisé à 23% et le personnel civil à 31% ;
- le CIN forme entre 8 et 10.000 élèves ou stagiaires chaque année (2007 : 3500 élèves et 4500 stagiaires) ;
- 120 cours (de 1 à 11 mois) et 500 stages (de 1 à 4 semaines) sont organisés chaque année ;
- le CIN dispose de 52 édifices qui développent 21 hectares de surface habitable, dont une capacité de logement pour 2000 personnes.
- le CIN dispose de nombreux matériels et de simulateurs pour appuyer sa mission de formation.
La pédagogie a pris le virage du XXIème siècle avec la mise à disposition pour les élèves de 30 salles multimédia pour la plupart équipées de 30 ordinateurs ainsi que de 150 salles reliées au réseau Intramar, avec la mise en ligne de 8500 dossiers pédagogiques informatisés et de plusieurs milliers d’outils pédagogiques informatisés. Les instructeurs viennent des forces, ont été choisis pour leurs compétences et ont vocation à repartir dans les forces après leur affectation au CIN.
Avec ses 110 hectares, un encadrement de plus de 1000 permanents militaires et civils, ses 8000 élèves formés par an, le Centre d'Instruction Naval est la plus grande école de la Marine.
Une véritable organisation dynamique s'est mise en place autour du pôle d'enseignement, contribuant ainsi au bon déroulement des missions du CIN. Le seul objectif de l'école est de fournir aux forces navales du personnel formé et compétent.
Les différents types de bâtiments de la Marine induisent une grande diversité d'équipements complexes dont les performances ne cessent de croître ; leur mise en œuvre nécessite des formations professionnelles qualifiantes.
Le centre d'instruction assure la formation initiale de spécialité des matelots et quartiers-maîtres, la formation de haut niveau des officiers mariniers ainsi que celle des officiers dans le domaine des opérations, des systèmes de combat, du flotteur et de la logistique. Depuis mai 2002, le CIN incorpore les jeunes marins qu'il forme à leur premier emploi.
Au terme d'une formation initiale d'un mois, au cours de laquelle les bases de la vie militaire et maritime sont enseignées, chaque marin intègre un cours de spécialité afin d'y apprendre son futur métier. La prise en compte des différents niveaux de recrutement, du BAC PRO à BAC +2, permet aux élèves d'acquérir les qualifications professionnelles attendues par les unités.
En complément du cursus de formation continue, de nombreux stages sont proposés aux différentes unités afin de parfaire l'efficacité et la compétence de leur personnel. Surplombant la mer, les infrastructures du CIN offrent une vue imprenable sur la Méditerranée et sur le rade de Toulon.
La presqu'île de Saint-Mandrier s'est vite révélée être une position stratégique de première importance, avec l'émergence de Toulon comme port militaire. L'ultime métamorphose du site Saint-Georges (site nord) date de l'après guerre. Après sa fermeture durant les hostilités de 1939-1945, l'école rouvre ses portes à la Libération pour s'appeler "Ecole des Apprentis Mécaniciens de la Flotte" (EAMF), puis "Groupement des Ecoles Energies de la Marine" (GEEM) en 1989.
Parallèlement, le site sud de la presqu'île voit la création du Centre d'Instruction Naval (CIN) en 1971. Il est le fruit d'une décision de regrouper les nombreuses écoles de la marine dispersées jusqu'alors dans la région toulonnaise. Le CIN a la garde du "Drapeau des Canonniers Marins" puis, le 25 janvier 1985, lui est confié le "drapeau des apprentis mécanicien de la flotte", l'un des 8 drapeaux en activité attribués à une unité constituée.
Afin de faire face aux difficultés liées à sa situation géographique excentrée, le CIN a développé des services de proximité. Le personnel de l'unité dispose de deux centres de restauration et d'une structure de loisirs très diversifiés. Le sport tient aussi une place prépondérante dans l'unité. En effet, les élèves comme les permanents bénéficient des infrastructures et des clubs sportifs pour améliorer leur condition physique ou tout simplement se divertir.
Un peu d’étymologie pour commencer : le mot "bagad" est l'abréviation du breton "bagad ar sonerion", signifiant ensemble ou groupe de sonneurs. Un lieu commun veut que le mot bagad proviendrait de bag, la barque. Un bagad serait donc une "barquée", une "batelée" (ensemble des personnes embarquées). Or il existe deux mots bagad en breton : l'un, féminin, qui désigne une "barquée" (car bag, bateau, est féminin en breton) et donc mute, tandis que l'autre, masculin, désigne un groupe, une troupe, un troupeau. Au pluriel, bagad devient bagadoù, mais s'accorde différemment de la règle en français : pour respecter la forme bretonne, on peut donc dire des bagadoù, mais il faut dire : 2 bagad(s).
L’origine des bagadoù bretons est à rechercher dans les pipe-bands écossais ; en effet, ceux-ci ont voyagé dans le monde entier au côté de l’armée britannique. Cependant, la Bretagne possédant déjà le couple traditionnel bombarde – biniou-koz, la cornemuse écossaise ne s’est implantée dans la région qu’à partir du début du XXe siècle, supplantant progressivement, mais pas totalement, le binioù breton qui porte depuis le nom de binioù-kozh (vieux binioù).
Le premier bagad civil, Paotred Hent-houarn (les gars du chemin de fer), est créé en 1947 par des cheminots de Carhaix (Finistère) qui prennent par la suite le nom de Kevrenn des Cheminots de Carhaix. Leur premier défilé a lieu en juin 1947 lors de la fête de la Tour d'Auvergne à Carhaix.
Comme les pipe-bands, il comportait un pupitre de cornemuses écossaises, un pupitre de caisses claires écossaises, une grosse caisse ainsi que, grande nouveauté dans le genre, un pupitre de bombardes bretonnes. Cette forme instrumentale est depuis considérée comme la forme traditionnelle du bagad breton. Les pipe bands ont structuré leur musique d'une façon assez formelle dans le pure style militaire.
Les bagadoù ne les ont pas suivis dans cette voie, et cela donne une diversité plus importante, à la fois dans les airs interprétés (marches, danses) et dans les styles de jeu. Une diversité qu'ils doivent aussi à la présence des bombardes ayant une tessiture plus étendue que celle des cornemuses, ouvrant plus largement les voies de la polyphonie.
Après cette initiative, une grande quantité de bagadoù ont été créés. La forme originale du bagad a été plus ou moins modifiée selon les bagadoù : la majorité des bagadoù possèdent maintenant des toms, une ou plusieurs lombardes ou trombardes, certains utilisent djembées, congas ou autres percussions africaines, cuivres, flûtes traversières, low whistle, uilleann pipes ou pib-ilin , guitares et basses électriques, etc… Le répertoire s’est lui aussi élargi dans certains bagadoù qui n’hésitent pas à intégrer des musiques d’autres horizons ou des compositions plus modernes.
Si la majorité des bagadoù résident en Bretagne, de nombreux ensembles existent ailleurs en France, comme à Bordeaux, Roanne, Lille, Le Havre, Paris, etc… Le mouvement des bagadoù jouit d'un succès populaire très actuel. Sa vitalité, son ouverture et sa jeunesse contribuent à la transmission et même au renouveau de la culture bretonne en général, et de la musique bretonne en particulier.
Le bagad est dirigé par un penn-soner (littéralement « sonneur en chef » en breton). Les différents pupitres sont dirigés par :
- un penn-talabarder pour les bombardes ;
- un penn-biniaouer pour les cornemuses ;
- un penn-tabouliner pour les percussions.
Les ordres sont donnés uniquement en breton. En voici quelques-uns :
- garde à vous : "soun" ;
- repos : "ehan" ;
- en avant marche: "waraok kit";
- attention halte : "arevez kit" ;
- pour la dislocation : "kult".
Le Bagad du Groupe des Ecoles de Mécaniciens (GEM) de Saint-Mandrier a vu le jour en 1957 grâce aux apprentis-mécaniciens bretons ou d’origine bretonne. Les « Armoricains » représentaient alors une population relativement importante parmi les mécaniciens dont l’école était implantée sur la presqu’île de Saint-Mandrier depuis 1936.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de la naissance de cette formation musicale : l’éloignement, la nostalgie du Ponant liée à un besoin légitime de pérenniser les traditions et le folklore ; en somme, une manière comme une autre de retrouver l’air du pays, de garder le contact avec sa région d’appartenance mais aussi de faire connaître l’école dans la région Provence-Côte-d’Azur.
Il y a un peu plus de trente ans, le 25 novembre 1977, le Bagad et le GEM ont été endeuillés par la catastrophe aérienne de Prémian, au cours de laquelle le commandant en second, deux officiers, trois officiers-mariniers, dix-huit quartiers-maîtres, matelots et apprentis mécaniciens du Bagad périrent avec l’équipage du Nord Atlas qui les ramenait d’une manifestation officielle à Mont-de-Marsan. Tous les ans, une cérémonie de commémoration se déroule devant la stèle implantée sur le site Saint-Georges en souvenir de ce tragique accident et des disparus (voir rubrique "Prémian").
Cependant, d’autres marins ayant pris le relais, la formation renaissait de ses cendres quatre mois plus tard. Cela fait maintenant plus de cinquante ans que le Bagad, désormais du Centre d’Instruction Naval de Saint-Mandrier, se produit un peu partout dans l’hexagone : du Sud-Ouest à la Normandie, en passant par la Lorraine, et les pays de Loire ; mais aussi à l’étranger, à Hong Kong en juillet 2007 sur invitation du consul de France à l’occasion de la célébration du 14 juillet. Le groupe est connu et apprécié pour son savoir-faire et son dynamisme puisqu’il effectue plus de 30 prestations extérieures chaque année.
Le Bagad du CIN Saint-Mandrier n’est pas une formation de professionnels. Il est composé d’une trentaine de personnes volontaires, issues des quatre coins de la France, qui, en plus d’être marins, ont en commun l’amour de la musique celtique. Il s’agit en majorité d’élèves en cours de formation au CIN (mécaniciens, électriciens, électromécaniciens, des spécialités opérationnelles, de l’informatique et des communications, des armes), et d’instructeurs ou de personnel du service général. A l’origine, ne pouvaient sonner dans ce Bagad que des mécaniciens de la flotte qui étaient affectés au GEM. Mais depuis, suite à certaines restructurations, sont représentées toutes les spécialités du pont et de la machine du Centre d’Instruction Naval de St Mandrier. Le Bagad est composé de 2 tiers d’élèves, qui restent en moyenne six mois en école, et d’un tiers d’instructeurs qui assurent une certaine continuité. Comme vous pouvez l’imaginer la difficulté est importante, car à chaque nouvelle session il faut repartir à zéro. Ces hommes et ces femmes, en plus d’être des spécialistes dans leur métier, apprennent au sein de la formation à jouer d’un instrument. Et à leur tour, ils prodiguent leur savoir aux nouvelles recrues.
De plus nos sonneurs n’ont aucune formation musicale, si ce n’est quelques rares exceptions. Leur challenge est de maîtriser au bout de deux mois, 4 à 5 morceaux, de manière à ce que la formation puisse toujours honorer ses engagements et ses sorties programmées, et "dieu sait" s’il y en a !
Il y a un peu plus de trente ans, le 25 novembre 1977, le bagad du Groupe des écoles de mécaniciens de Saint-Mandrier perdait 24 des siens dans la catastrophe aérienne de Prémian. De retour d'une manifestation officielle à Mont-de-Marsan, le commandant en second, deux officiers, trois officiers mariniers et dix-huit quartiers maîtres, matelots et apprentis mécaniciens du bagad disparaissaient dans le crash de l'avion Nord Atlas, qui les ramenait dans le Var (en tout, 32 personnes disparaitront dans l'accident).
Le Nord Atlas de l'Armée de l'Air a été pris dans une violente tempête, et s’est écrasé en pleine nuit dans le massif du Caroux, dans la forêt de châtaigniers proche du hameau de la Sicarderie sur la commune de Prémian.
Après le drame de novembre 1977, la formation musicale s'est progressivement reformée. Et cela fait maintenant plus de 50 ans que le bagad, non plus du GEM mais désormais du CIN, se produit aux quatre coins de l'Hexagone mais aussi à l'étranger.
La FAMMAC (fédération d'associations de marins et de marins anciens combattants), en souvenir de cette catastrophe a fait ériger en pleine fôret et au point de chute de l'avion, un monument, un monolithe de granit, qui a été inauguré le 8 septembre 1979. Un comité pour la pérennité et la conservation du site comprenant l'union départementale des associations de marins de l'Hérault et la municipalité de Prémian est chargé de l'entretien de la stèle et des chemins d'accès.
Le 1er samedi du mois d'octobre de chaque année, une cérémonie commémorative marque cet événement tragique, à la mémoire des 32 victimes. Cette cérémonie est suivie d'une messe du souvenir en l'église de Prémian et d'un dépôt de gerbes sur la tombe collective au cimetière de la localité.
Les musiciens permanents du Bagad du CIN de Saint-Mandier sont des militaires affectés au centre d’instruction pour un durée de trois ans. Ils exercent différents métiers (instructeurs, encadreurs, techniciens) et sont de différentes spécialités (mécaniciens, mécaniciens d’armes, transmetteurs, informaticiens, secrétaires… etc). Ce personnel répète et s’entraîne en compagnie des élèves, l’entraînement a lieu tous les matins sur le tarmac de 7h à 8h, été comme hiver.
Trombinoscope à venir ...